tout simplement

à toi

30 décembre 2007

gentille avec moi (1)

Un jour que j’étais très légèrement en colère (c‘est étonnant, je sais), je sautais en l’air en lançant en tous sens mes bras et des cris, si bien qu’assez rapidement, j’ai eu super mal aux pieds et plus de voix, je ne savais pas quoi faire pour me calmer, et j’me suis dit, bon, il va falloir que j’ai une sérieuse conversation avec moi.

M’énerver n’est pas bon pour ce que j’ai.

C’est comme çà que j’ai pris l’habitude d’aller marcher (inspir expir marche).

Et c’est là que les problèmes ont commencé.

Pourtant, jusqu’à aujourd’hui jamais je n’ai eu de problème ni pour respirer ni pour marcher. La preuve : je le fais depuis ma naissance. Enfin, surtout respirer. Bref. Et voilà qu’au moment où je me décide à y porter attention, ces actes censés être naturels deviennent anarchiques et dénaturés ! Pourquoi suis-je à ce point essouflée ? C’est quoi ces palpitations ? Ne suis-je pas censée entrer en amitié avec mes plaies et avec mes peurs ?

Çà m’a un peu énervée.

Mais ceux qui me connaissent savent que je suis pleine de bonne volonté.

Et encore plus depuis que j’ai entendu parler du kinhin.

J’avoue, ce mot a autant de charisme qu’une émission politique.

Et pourtant ! C’est super bien : çà aide à se détacher, (au sens de laisser les pensées émerger et disparaître sans chercher à les maintenir ni à les évacuer) et à développer la nature éveillée présente en chacun de nous. (OK, OK, ceux qui me connaissent vont y voir encore une fois la marque de mon optimisme pathologique) ( je leur rétorquerai aussi sec que le Bouddha lui-même marchait lentement, l’esprit recueilli, dans les bois après s’être assis)(D’ailleurs si on y regarde bien, Jésus faisait çà aussi : il s’asseyait, racontait ses paraboles, puis il marchait pour vivifier son esprit et son corps.)(Ah !)

En ce qui me concerne, vu le potentiel d’émotions polluantes dont je dispose, je peux pas trouver meilleur exercice pour moi que kinhiner !!!

Oui alors donc, j’ai repris l’habitude de faire de la méditation marchée. Bon, OK, je ne savais pas que c’était de la méditation marchée avant qu’un grand chef zen me le fasse remarquer.

Et alors ? Est-ce qu’un enfant qui apprend à marcher sait qu’il est en train de marcher ??

Non.

Bon alors.

Sans compter que la méditation marchée est, parait-il, bien plus difficile que la méditation assise !!

Oui, et donc, je ne marche pas forcément le soir. Quoique. On y fait des rencontres hautement intéressantes (longuement intéressantes me paraît bien imagé aussi). Bon, j‘aurais pu dire des rencontres intéressantes hautes et longues. Mais là c‘est un peu tiré par les cheveux. D‘ailleurs, à propos de cheveux……. L‘autre soir.. Ah oui, parce que ce jour là, c‘était la nuit. Donc, l‘autre soir, j’étais pratiquement arrivée au gymnase. Le gymnase ! Mmmh ya des mots comme çà, qui n‘ont l‘air de rien, et qui pourtant sont chargés d‘un je ne sais quoi… moi le gymnase, çà me fait penser au champagne !! Allez savoir pourquoi !

Déjà, gymnasium, çà veut dire lycée en allemand. Quel rapport ? Yen n’a pas. C’est ce qu’on appelle une démonstration par l’absurde.

Oui donc, me voilà pas loin du gymnase, quand une voiture s’arrête à ma hauteur, la portière s’ouvre devant mes yeux estomaqués et Ga-Ga se penche vers moi (Ga-Ga. Hm, je vous sens perplexes. Évidemment, je pourrais dire l‘Amant, mais çà fait grandiose, et en plus, c’est déjà pris. Puis faut vous dire que nos rencontres, c’est plutôt genre folie furieuse, en tout cas en ce qui me concerne, je veux me déshabiller tellement vite que je lance mes bras dans tous les sens et les cris qui vont avec, si bien qu’assez rapidement je me retrouve essouflée et sans voix, complètement Ga-Ga quoi.)

Mais bon. Il m’a quand même fallu du temps pour en arriver là. Mais il se trouve que maintenant, j’ai décidé d’être gentille avec moi. Je m’écoute. Avec compassion. J’accueille favorablement les turbulences intérieures qui me disent Ga-Ga-Ga.

Bref, constatant le bien-être ressenti en faisant les longues marches, j’en fais de plus en plus.

Si vous voyez ce que je veux dire.

Oui, donc, la portière s’ouvre devant mon regard muet de stupeur.

Enfin quand je dis stupeur, comprenons nous bien.

Stupéfaite, oui, mais de Joie.

Je récupère assez vite, en général.

Donc je m’assieds, puisque c’est demandé si gentiment.

Et c’est ainsi que je passe, comme qui dirait, à shikantaza, ou si vous préférez, une certaine attitude mentale propre au lâcher prise.

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Quoique.

..........lâcher, ....oui ! mais pas tout !

                                                  (à suivre!)

Posté par VALLISNERIA à 15:09 - sage comme une image (récits de mes méditations) - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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