09 mai 2008
TUTTI SENSI
L’autre fois, je discutais avec un ami qui m’affirmait ne jamais éprouver de jalousie. Il me disait que quand on aime vraiment on veut le bonheur de l’autre, même si c’est sans nous.
Alors là chui pas d’accord.
Que l’autre prenne son pied (sans nous) pendant qu‘on déguste j‘appelle pas çà de l‘amour. J‘appelle çà, heu.. Un truc pas équitable. Voilà. J’me suis même empressée de lui dire avec la modération dont je sais si bien faire preuve que l‘absence de jalousie, c‘est de l‘indifférence.
Je vous précise quand même qu’en disant jalousie je n’entends pas ce truc pathologique qui étouffe toute expression spontanée, fait de chaque geste un sujet de suspicion et de l’autre un objet, et qui au final rend l’histoire invivable (quand elle ne la détruit pas).
Je parle de la jalousie normale, légère, qui se traduit par des petits pincements que l’on peut éprouver dans certains situations et qui ne font que vérifier la préciosité du sentiment que l‘on éprouve pour l‘autre.
Moi, j'aime l'idée d'être exclusée et possédée. J'aime l'idée d'appartenir. Ces petites jalousies là démontrent, il me semble, la bonne santé du couple, pimentent et prolongent les désirs de séduction et de passion. C’est indissociable pour moi du sentiment d’aimer, même si au final, il est évident que cette émotion est contrôlée pour ne pas qu’elle devienne un poison. Il ne s’agit pas de confondre l’être aimé, qui n’appartient à personne, avec le sentiment qu’on éprouve pour lui.
De la jalousie, j’en viens tout naturellement à vous parler de l’infidélité.. L’infidélité ! Bon, c’est pas bien.
C’est pas bien et c’est compliqué.
C’est compliqué parce que je me demande si l’infidélité ne serait pas une mauvaise réponse à une bonne question.
Quand on pense fidélité, on pense preuve d’amour (donc on associe l’infidélité au fait de ne plus aimer)
Ben on pense à l’envers ! Le but, c’est pas d’être fidèle, c’est d’aimer. C’est l’amour qui compte, avec ses élans, ses désirs, ses failles, et du coup la fidélité est la conséquence logique de l’amour, pas la condition. Ceci dit c’est mon humble point de vue. C‘est aussi mon humble point de vie. En plus, c’est un engagement sur l’avenir. Enfin, quand je dis sur l’avenir, je suis gentille : c’est un engagement pour la vie ! (AAAAAARRGGG)
Prenons par exemple, un sujet au hasard : l’homme. A chaque éjaculation ce sont des millions de spermatozoïdes plus ou moins guillerets qui se lancent fièrement à l’assaut du monde. N’est-ce pas un clin d’œil de la nature ? Hein ? Est-ce que Madame a besoin d’autant de spermatozoïdes pour elle toute seule ? Et alors, tous ceux qui servent pas, hein ? Quel gâchis !
Oui, seulement voilà. On n’est pas chez les Na (ethnie chinoise particulièrement évoluée régie par la polyandrie. D’ailleurs dans ma prochaine vie je veux aller chez les Na. Na !) hélas on n’est pas chez les Na, disais-je, mais plutôt tenus à une certaine forme de fidélité.
Or, ce qui est contraignant avec la fidélité, c’est pas tant qu’il faut ÊTRE fidèle (on est tous fidèles à un moment ou à un autre, çà, c’est facile !) mais c’est qu’il faut le RESTER !!!! la fidélité n’EST jamais, mais est toujours EN DEVENIR, puisqu’elle peut à tout moment être "trahie" (un seul coup de canif dans le contrat, et oups, plus de fidélité qui tienne !)
Il faut bien regarder la réalité en face : la caractéristique majeure de la fidélité, c’est sa permanence, ce qui veut dire dire, au cas où on croise un beau blond (et/ou une belle blonde) ben... renoncer à sa liberté de changer d’avis puisque si on veut rester fidèle quoiqu‘il arrive, on se doit d‘être constant dans ses valeurs, autrement dit constant dans ce à quoi on s‘est engagé hier, aujourd‘hui et demain qui devrait être en principe exactement la même chose aujourd’hui qu‘hier et que demain.
Vous me suivez?
Seulement voilà.
Être fidèle c’est bien joli, mais comment être cohérent avec ce que l’on pense, au fur et à mesure où on le pense, comment accepter de changer de pensées (vu que les pensées changent au rythme des jours qui passent, des situations dans notre vie, etc.), comment, en un mot, être fidèle à soi puisqu’on subit des fluctuations tout le temps, et être fidèle à l’autre, c’est-à-dire rester toujours le même, sans évoluer, sans changer, et en faisant comme si les circonstances autour de soi ne changeaient pas non plus ??
Bon.
En résumé, mon être fluctuant plein des changements introduits dans ma vie par le temps doit-il rester fidèle à son partenaire et du coup devenir infidèle à moi ? enfin à lui ? c’est-à-dire moi ? (la réciproque est vraie aussi) (non seulement elle est vraie mais elle est plus agréable profitable vraie)
On pourrait donc dire que c’est en restant fidèle à tout prix qu’on devient infidèle.
Moralité : l’infidélité est la véritable fidélité.
06 février 2008
Femme de Joie
La plupart des gens qui me parlent de leur infidélité me la présentent comme quelque chose à laquelle ils en ont été réduits parce que leur partenaire ne leur apporte pas ceci et cela, qu’il est comme ci, qu’il ne fait pas çà... Pour moi, çà n’a pas de sens parce que mon désir a une place à part entière, c’est un organe vivant, indépendant, un peu comme mes cinq sens. Je désire cet homme parce qu‘il est désirable et parce qu’il m’inspire et non pas à cause d’un manque ou d’une frustration créés par quelqu’un ou par quelque chose. La vie sur Terre est intimement liée au sexe, donc au désir, sans lequel le plaisir n’existerait pas. Le désir est l’élan qui pousse vers l’autre, sans désir pas de stratégie pour concrétiser les rêves et les bonheurs. Le désir écouté et nourri génère la Joie. Il n’est que d’observer n’importe quel couple ainsi irrigué ! D’ailleurs, n’est-ce pas pour maintenir les femmes en moindre joie, c’est-à-dire en moindre liberté, que certains hommes leur interdisent le plaisir ?? (la jouissance longtemps considérée comme un péché, et encore maintenant avec l’excision et la lapidation des femmes adultères) Or le désir est le premier pas vers le plaisir, vers la Joie, encore faut-il l’identifier en tant que tel ..
15 décembre 2007
les préliminaires (1)
Les généralités m’énervent.
Par exemple, on parle beaucoup et tout le temps des préliminaires que ces messieurs sont censés offrir à leur(s) dame(s), (oui, oui, je ménage les susceptibilités), faute de quoi, nous affirme-t-on, l’entrée en matière ne serait pas réussie.
On n’a pas dû me consulter, parce que moi, je ne prélimine pas.
Ce que je veux,
c‘est ton glaive conquérant, là, tout de suite,
là aussi ?
Oui ! si tu veux !
Et même de l’y mettre bien profond, pourquoi pas, tant qu’à faire.
Je suis une chienne ?
Supposons.
En chaleur.
On peut voir çà comme çà..
Mmmmhhhhhhhhhhhhhh.
Oui, oui, ouuuuiiiiiiiiiiii !!
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah !
Bon………..
Maintenant on peut causer.
Tu disais ?
Si on passait aux préliminaires ?
Pourquoi pas ?
14 décembre 2007
les préliminaires (2)
Vous allez me trouver drôlement gonflée de parler d’un truc que je ne pratique même pas.
Enfin, quand je dis que je ne pratique pas, je veux dire au sens où on l’entend généralement, à savoir
" la préparation intime au début des rapports sexuels qui amène la femme à un état d’excitation sexuelle "
( suivant les généralités générales, les femmes ont besoin de stimulation et de temps - vingt et une minutes exactement - pour avoir envie) (c‘est-à-dire pour être correctement lubrifiée) (pas les hommes) (qui sont, je le rappelle, des machines à baiser)(ah que ouais).
Bien.
(je sens qu‘on avance à grands pas, là)
Je vais commencer par un petit rappel historique.
Doté par la Nature (coquine) d’un appareil génital externe, l’homme manifeste en général assez crument ses désirs. Enfin disons qu‘ils sont suffisamment visibles pour que les filles en soient toutes chamboulées, surtout les jeunes (sauf celles qui vivent à la campagne, elles sont habituées)(il y a des chevaux).
Les autres risquent d’être un peu sonnées en voyant l’amour de leur vie se transformer en porte manteau.
Et du coup, perdre toute dignité.
Mais bon, c’est comme çà les filles, faut vous y faire.
Donc, shématisons :
pendant longtemps, nous avons l’homme tenant le rôle de membre actif (passez moi l’expression) tandis que sa compagne reste passive (redit autrement : Madame a la cage à miel desséchée pendant que Monsieur rabote à mort).
Et puis un beau jour, à force de le voir ahaner sur elle en soufflant comme un bœuf, elle se dit comme çà :
" c’est bizarre, çà a l’air de lui faire quelque chose, à lui.. Et moi ????????? "
Çà lui fiche un coup, le pauvre.
Et voilà le malheureux plongé dans des abîmes de perplexité :
hein ????? faut que Madame ait envie, maintenant ????!!!!!!!!!
comment çà, il n’a plus le droit de s’introduire sans avoir d‘abord fait gentillement à sa douce des trucs supers?
Et, EN PLUS,
faut que çà lui fasse du bien ???????????

13 décembre 2007
les préliminaires (3)
On ne parle jamais si bien que de ce que l’on connaît. Je pense que sur le principe vous serez assez d’accord.
Je vais donc vous décrire ce que j’appelle les préliminaires,
enfin non, qu’est-ce que j’raconte.
Si je commence à vous décrire tout ce qui m’excite, on est encore là demain.
Bon alors je vous pioche une scène au hasard.
Allongez-vous, je vous en prie, avec les yeux fermés.
Laissez-moi me plonger dans votre bouche, y boire votre salive, lécher vos dents et vos gencives.
Oh oui je vous en supplie, laissez-moi vous embrasser !
Courir sur vous, agile et impatiente !
Vous caresser le bas du ventre !
Planter ma langue au creux de votre nombril savoureux, lécher vos poils bruns, et votre gland, mon Dieu ! Votre gland à la peau si fine, votre gland à la peau divine!
mes mains se referment sur votre ventre, fermes et douces comme vous les aimez
......ma langue vous fera fête jusqu‘à la nuit des temps....
l’envie me prendra de vous laper encore de haut en bas,
ici et là,
autour,
enserré vous serez,
enfourné comme j’aime,
voilà !!
.........et mes doigts mon Dieu ........!
Mes doigts vagabonds, dégoulinants de salive, sur votre gourdin, et jusque dans votre intimité,
et votre semence, enfin,
votre semence, Monsieur……
elle est pour moi.
04 décembre 2007
le secret de la B.E.
J’ai une amie infiniment chère à mon cœur qui prétend que mon blog c’est dla baise dla baise dla baise, et que çà l’ennuie ! Bon.
On peut pas être performante dans tous les domaines, non plus.
De plus, ya pas que dla baise.
Ya du culturel aussi.
La preuve par huit, tout de suite.
Si çà vous embête pas trop, je vais commencer ma catégorie culturelle avec un truc que j’aime bien : les phallus.
Enfin, quand je dis " j’aime bien", c’est un doux euphémisme. Mais bon. Restons modérée, telle la riante mais néanmoins sérieuse nouvelle professeure es-baise que je suis devenue en moins de trois secondes (depuis le début de ce post, en fait)
Forte du principe que quand on aime, on ne compte pas, j’ai donc testé pas mal de fellations et/ou autres exercices autour de ce cinquième membre qui me fait cruellement défaut, et c’est tant mieux, car çà me priverait du plaisir de m’empaler m’entraîner dessus.
Or, y a un exercice qui m’a longtemps posé un problème existentiel : la BE (plus communément appelée branlette espagnole).
Alors voilà en quoi çà consiste : il faut positionner l’engin bien raide de chéri-chéri entre les seins de moi, qui m’arrange pour resserrer les dits seins autour du dard de mon homme dont le bout (de l‘engin, pas de l’homme) (faut suivre, un peu !) est orienté vers la bouche de moi.
Bon, pour celles qui me connaissent, je me passe de vos commentaires !
Pour les autres, je continue.
Alors déjà primo, je vous recommande pas la position où la femme est dessus. J’ai testé, je me tenais donc sur les coudes pendant que mes mains poussaient mes deux zopulents seins l’un vers l’autre. Déjà, rien que çà aurait suffi à rompre mon équilibre plus que précaire, mais quand il a fallu saisir le joujou de chéri entre mes minis machins je me suis cassée la figure et il a fallu tout recommencer.
Après on a testé sur le côté. On va dire que compte tenu de la distance entre les différents instruments, c’était pire. Ou alors peut être que çà marche avec des gros, gros, très gros seins ? Je ne sais pas, j’attends des témoignages.
Donc il nous reste la plus équilibrée, n’en déplaise aux féministes : la nana dessous.
Oui alors donc.
On positionne le missile du chéri en plein milieu.
On s’arrange pour le coincer entre nos deux seins, en les rabattant d‘un mouvement gracieux l‘un contre l‘autre. Bon, c’est sûr que celles qui sont bien pourvues ont un net avantage. Mais contrairement à ce que l’on peut penser, le problème ne vient pas des seins. Gros, petits, deux, cinq, on y arrive toujours.
Non.
Le problème, c‘est quand il faut faire glisser.
C’est là que çà se corse.
Déjà premièrement, on est en sueur.
Surtout moi, vu le mal que j‘ai eu à tout rassembler.
Or la sueur, çà glisse pas, çà colle.
Bilan jme tire sur la peau à mort pour envelopper l’instrument de mes rêves pendant que chéri s’étrangle de rire.
Trop, c’est trop.
J’ai donc potassé le sujet.
Et j’ai trouvé :
il faut lu-bri-fier !
Mais oui !
Généreusement tartinés, même (et surtout) les petits seins se resserrent en souplesse et en douceur autour du délicieux esquimau de Chéri qui glisse en chantant la tyrooolienne au rythme de ses réjouissantes et non moins innombrables allées et venues !!!!
Elle est pas belle la vie ?
01 décembre 2007
La non-honte d'Arthémisia
Arthémisia apprécie Higelin.
Moi aussi - surtout les toutes premières chansons, la période de ses albums " BBH75", "Irradié", "Alertez les bébés" et surtout, ses chansons avec Brigitte Fontaine et aussi avec Areski,
va savoir pourquoi mes préférées restent " Rien" et " Pars! " ….. !
Arthémisia, pour réagir sur ton commentaire, bien sûr que la Nature ne peut être honteuse, puisque la honte est une émotion humaine. Mais je peux ressentir de la honte dans une situation où tu n’en ressentirais pas ! Et dans telle situation, je peux avoir honte à un moment donné et pas à un autre ! Les émotions sont si déraisonnables ! N’en font-elles pas qu’à leur tête ?
Par exemple.
Je sortais d’une histoire avec nuages mauves et arbres roses. Cela résumait mes grands principes d’existence de l’époque : jamais la bonne couleur au bon endroit. Jamais le bon geste au bon moment. Rien comme tout le monde. Même pas le mariage. (ma sœur a cru que c’était une blague et elle ne s’est pas dérangée). En résumé, la seule chose sensée que nous ayons fait ensemble fut de divorcer. (je parle de mon mari, pas de ma sœur) (quoique) (Mais passons).
Je rencontrai ensuite un smocking. Le premier smocking vivant de ma vie.(et le seul, je l‘avoue)
C’était un bel homme. Slurp. Je rêvais avec lui d’escapades à deux sous des nuages mauves (on ne se défait pas comme çà de si mauvaises habitudes …. ) je rêvais de folies sous la couette et d’y manger des ….sandwiches en léchant la sauce tombée sur son ventre.
Lui ne me parlait que dîners dans le XIVe et fêtes somptueuses à Neuilly. Gloups.
Mais j’étais tellement amoureuse. Sous le charme de ses yeux.
Bleus.
C’était pas possible, tant de lumière d’un coup ! Et ses cheveux blonds. Pourtant j’aime pas les blonds ! Mais il était si blond……! Jamais revu çà ….
Seulement, voilà : avec lui il fallait que je me déguise. Exit les jupes indiennes, robes africaines et autres écharpes de soie bariolées. Et je ne parle pas des teintures au henné.
Je m’affublais donc de chemisier- jupette droite- petits talons (le manque d’habitude me donnait une délicieuse démarche chaloupée) et je le suivais, docile, bien qu’avec comme qui dirait une petite idée ou deux derrière la tête.
Pas écœurante la maison où il m’avait emmenée.
Impressionnante même. Toute blanche avec toit et volets noirs. Assortie au smocking, quoi.
Bon, arrivée là, j’avais ravalé les « salut mes chéris, çà boume ? » contre « Bonsoir, madame, tellement ravie de faire votre connaissance ! « en fait, non, bien que c’est ce que j’avais préparé dans ma tête, juste le bonsoir est sorti, j’étais à cette époque un peu timide (depuis, çà c’est tellement amélioré que je ne suis plus assez timide)
Oui alors donc, nous voilà face à ce couple. Lui, pas mal, quoiqu’il me rappelait un de mes profs de maths, enfin, un de ceux que j’ai pas trop aimés. A part çà, d’une banalité sidérante, je ne me rappelle même plus son petit nom, c’est dire. Et elle. Misère. Comment faisait elle pour se déplacer ainsi ? On avait l‘impression qu‘elle avait mis les deux jambes dans le même trou de sa culotte. Culotte !!!! Misère !!!! j‘avais oublié d‘en mettre une !!!!!. Bon, pas de panique, j’étais pas en mini jupe, non plus. Avec chéri, pas de danger. J’ai toujours eu des chéris qui tiraient sur mes jupes, on se demande pourquoi. Mais bref.
Je ne me rappelle pas de grand-chose de cette soirée, si ce n’est que je me suis copieusement ennuyée au point que j’essayais d’imaginer le couple tout nu en sirotant mon vin. C’est vous dire à quel point j’étais désespérée ! Et je vidais un autre verre de vin. Ce qui fait que j’étais une désespérée de fort bonne humeur. La dame gloussait, le monsieur parlait d’une voix monotone, et au je ne sais plus combien verre de vin, ce qui devait arriver arriva. Je me sentis tanguer. Vite ! Les toilettes ?!! Une porte au fond du couloir. Je m’y précipitais, le regard voilé, des gouttes de sueur sur les tempes, misère ! Je ne vais pas y arriver ! Je pousse une porte, et je me retrouve dans la cuisine, avec, au beau milieu de la table, un rosbeef fumant dans son plat d’argent, prêt à être servi. Je tremblais de tous mes membres. Faut dire, à ma décharge, (et sans jeu de mots) que je ne buvais jamais d’alcool. Inutile de préciser qu’on ne m’y a pas reprise. Mais bref. Revenons à notre rosbeef. J’essayais donc d’atteindre l’évier. Las ! Je l’ai raté ! Mais pas le grand plat en argent qui baignait maintenant dans un jus inommable…..
Je m‘étais mise à pleurer. Oui : de honte.
Et c’est là que j’entendis la voix de la dame venant du couloir « Valliiiiis???«
Et la porte s’ouvrir. Faisant preuve d’un courage étonnant compte tenu des circonstances, je l’ai regardée bien en face.
« ah ! « s’est exclamé Madame, « eh bien ma chère enfant, vous vous êtes perdue ? »
Perdue, c’était exactement çà ! C’en était fini. J’allais mourir terrassée de honte dans cette cuisine inconnue. J’imaginais déjà les réponses de Chéri à mon enterrement.
« mais que s‘est-il passé exactement, mon pauvre ami ? »
« je ne sais pas, nous dînions tranquillement quand .. Oh ! C‘est trop affreux! Si j‘avais pu imaginer que ce serait notre dernière soirée, nous serions restés sous la couette où elle aurait léché la sauce sur mon ventre ! Bouuuuuh !!»
Mais au lieu de çà, je ne mourais pas. J’étais même drôlement vivante, avec mon cœur qui battait à 500 à l’heure.
« la cuisinière a amené le vin et je vois qu’elle a déjà sorti le rosbeef. »
« heu……..heu heu heu…….heu »
Ce qui cloche chez moi, c’est moi.
« venez ma chère, laissons la cuisinière découper la viande »
« heu, heu, heu »
La honte.
Bon, allez, calme toi. Travaille ton regard neutre, un peu extérieur et pourtant bien là.
« eh bien mon petit, vous n’allez pas rester là ! Vous ne voudriez pas faire le service tout de même ! »
« heu, heu, heu »
La honte !
Pas de panique. Mets en pratique ce que dit Dolto, une oreille se tend vers l’Autre mais tout le reste vibre en Soi. Intact.
Mes membres n’étaient pas d’accord. Ils s’étaient comme pétrifiés. La cuisine smocking n’avait plus d’âme, elle n’était pas à l’aise.
Moi non plus.
Elle aurait aimé fuir.
Moi aussi.
Mon cerveau me disait « Vas y !! » et mes lèvres répondaient « pas question, je n’ouvre plus la bouche !«
Bon, allez.. J’accepte : c’est un mauvais jour. Je laisse tomber toute prétention de bonheur terrestre Ici et Maintenant.
Je me suis approchée de Madame, j’ai posé ma main sur son bras, et je lui ai murmuré sur le ton de la confidence :
« Madame, heu, on ne peut pas manger cette viande »
« Ah oui? Pourquoi donc »? »
« Eh bien, heu, eh bien, heu, eh bien, heu »
La honte, vous dis-je.
Fallait que je lui dise ! Allez. Lance-toi !
« Eh bien heu, Madame, parce que je………… l’ai fait tomber par terre! Je suis tellement désolée !!! »
Madame m’a regardé avec des yeux ronds comme des balles de ping-pong.
Et c’est ainsi que dans une maison smocking, il arrive que l’on mangeât du jambon.
26 août 2007
ma première fois
C’était en Yougoslavie, puisque quand j’avais 17 ans cette partie du monde s’appelait encore ainsi.
Yavait tout ce qu’il faut, le ciel infiniment bleu, le soleil infiniment chaud, la plage infiniment douce, la mer, infiniment pleine de mazout, enfin c’est pas grave c’est pas dans le mazout que çà s’passe.
Bien entendu, il y avait eu quelques petits exercices pour me mettre en condition, sur le sable des déclarations enflammées, en tout cas c’est ce que je me plaisais à imaginer vu que je ne comprends pas le yougoslave. Ya un mot qui revenait souvent c’est cepalovici, çà veut dire brochette je crois mais j’espère que jme trompe.
Oui donc, qu’est-ce qu’il m’a fait comme plan celui-là : un air tout malheureux, il avait une de ces façons de plisser les yeux pour me mener où il voulait avec la pointe de son regard.. Et puis faut dire que c’était l’homme le plus beau que j’eusse jamais rencontré (si si il méritait largement l’imparfait du subjonctif). Miam. Mon ptit cœur faisait Boumboum.
A cette époque j’étais assez réservée, enfin pour tout dire j’étais quasi passive. Depuis, j’ai changé, je suis trop active. On doit être un des rares couples où c’est le mari qui pas ce soir j’ai mal à la tête.
Enfin passons.
Revenons à notre yougoslave.
Il s’appelait Jozsef. C’est pas terrible, mais on peut pas toujours choisir (même si certains prétendent que si).
A vrai dire, j’étais très amoureuse.
Mais pas de lui.
L’autre (celui qui me plaisait) ne voulait pas de moi. Enfin si, il aurait bien voulu, c’est mon père qui ne voulait pas. De toutes façons celui qui me plaisait je ne l’avais pas sous la main, il était resté en France. Alors quitte à l’attendre, autant appréhender l’attente de façon ludique.
Bref. Pour vous expliquer mon état d’âme, j’ai fini par suivre Jozsef par dépit. C’est pas une mise en condition faramineuse mais bon. Faut parfois savoir se dévouer.
Donc, il m’a emmenée très gentiment dans un petit coin isolé, abrité sous des pins, çà sentait bon, le sable était doux, etc, tout ce que j’ai déjà décrit plus haut.
Il m’a dit " comme j’ai envie de toi !" enfin, d’après ce que j’ai pu comprendre dans le laser de ses yeux.
La seconde d’après, j’étais toute nue.
La seconde d’après, il m’a dit " comme tu es belle !" (toujours ma traduction approximative) ( de toutes façons vous avez déjà essayé de répéter du yougoslave vous ???)
La seconde d’après, il m’a écartée les cuisses.
La seconde d’après, il s’est mis à me lécher consciencieusement de la hanche gauche jusqu’au pied gauche. Calamité. Qu’est-ce qu’il fait ?
Ne devrait-il pas plutôt rentrer dans le vif du sujet ? Mais non, il s’acharne, trop content d’avoir trouvé un point sensible, et même deux, puisque j’ai deux jambes. Et toujours à me dire des mots doux auxquels je ne comprends rien. Et pourtant je vous prie de croire que son cinquième membre était en état d’éveil avancé. Mais combien de temps çà va durer, ce manège ??? Si c’est çà les préliminaires, moi je ne prélimine plus jamais !
Puis d’un coup le voilà qui me pénètre. J’avais imaginé les cieux s’ouvrir, dans ma tête monter un hymne genre " la Marseillaise",
ben au lieu de çà s‘impose à moi une phrase, « c’est à cette heure ci que tu rentres » entraînant aussitôt un fou rire d’autant plus incontrôlable qu’il aurait été inopportun qu’il éclate. Je m’écrase les mains sur la bouche, pendant que Jozsef s’agite en hurlant qu’il m’aime. Çà j’en suis sûre, en yougoslave c’est volipte, j’ai appris très jeune comment on dit " je t’aime " dans toutes les langues, je me disais que çà peut toujours servir.
La preuve.
La seconde d’après, il s’est écroulé sur moi en soufflant comme un âne atteint d‘emphysème.
Alors là, question : c’est fini ou c’est l’entracte ? Purée il bouge plus.
Il a donc bien fallu que je me rende à l’évidence: c’était fini.
La première leçon a donc été rude, comme vous constatez, mais en fin de compte, c’est ce qui m’a donné envie de voir chez d’autres hommes s’il y avait plus à en tirer.
Pardon, à en apprendre.
Donc, Jozsef :
M E R C I !
© Vallisneria
06 juillet 2007
les seins
J’avais à peu près 13 ans et je me pâmais d’amour pour un " vieux" qui en avait 16.
Il avait une allure nonchalante, un peu blasée je crois, mais à moins qu’il soit demeuré il lui aurait été impossible de ne pas remarquer les appels éplorés que mes yeux lui lançaient.
Et puis un jour c’est arrivé. Je me suis retrouvée chez lui, enfin chez ses parents un jour où ils n’y étaient pas. D’une timidité maladive à cette époque, j’étais plantée au milieu de la chambre, raide comme un piquet. Il m’a invitée à m’asseoir près de lui sur son lit. Je n’avais jamais embrassé ni d’ailleurs fait quoi que ce soit avec un garçon. En plus, j’avais des tas d’idées toutes plus farfelues les unes que les autres sur ces choses. La séance promettait d’être coton.
Bref. Il a zappé la case baiser. C’est très dommage, car comme je sais maintenant l’effet qu’un baiser a sur moi, je me dis que j’ai perdu bien des occasions. Enfin.
Non, lui, il était plutôt intéressé par la partie de mon anatomie située entre le cou et les genoux.
Il soulevait ma petite jupe bleue, ultra-courte (c’était la mode des minis), je la redescendais en tirant dessus et ce petit jeu a duré un bon moment.
Il me disait de me détendre, ce qui faisait que je me crispais encore plus, il me demandait si je voulais,
si je voulais quoi ? J’en avais aucune idée
Voulais je qu’il continue à remonter ma jupe ? Bof..
Voulais je rester à ses côtés ? Çà oui, çà me plaisait bien.
Puis d’un coup il a retiré son pull et son tricot sans autre forme de procès et m’a invitée à en faire autant. Gasp.
Néanmoins ôter mon pull ne m’a pas posé de problème existentiel insurmontable. Nous en étions donc au chemisier, avec sa kyrielle de boutons. Quelle idée d’avoir mis un truc plein de boutons.
Pour finir, c’est lui qui s’y est collé. Il a bien vu que sinon, on y était encore dans six mois.
J’avais souvent pensé au jour où ce moment arriverait, à vrai dire je ne rêvais plus que de cela depuis que j’étais tombée amoureuse de lui.
Je voyais la chose façon tremblement de terre, les cieux qui s’ouvrent et tout çà.
Finalement, çà a été plutôt discret. Je n’ai pas eu de choc, contrairement à lui sûrement quand il a détaché mon soutien-gorge, une ravissante petite chose bleu marine tout en dentelles, découvrant ainsi mes tout petits seins.
Mais il a eu la délicatesse de n’en rien laisser paraître, et même de s’extasier dessus comme si c’était la huitième merveille du monde, avant de passer à un examen un peu plus minutieux.
Depuis, je nourris une passion sans borne pour la lingerie, les balconnets les plus audacieux, le satin, les dentelles, les jerseys ultra-doux, les rubans, tout. Sauf le string. Beurk. Je milite à fond pour la petite culotte.
Mes seins ont quand même eu leur heure de gloire : enceinte, mon tour de poitrine atteignait 95 D. Un pur régal. Pendant des heures je restais en extase à les contempler, ils étaient ronds, lourds, tendus, veinés d’un bleu pâle, je les trouvais fabuleux.
Il me reste de ce complexe une adoration pour les seins. Alors, si un jour je vire ma cutie, elle a intérêt à avoir du monde au balcon !!








